mardi 5 mai 2009

PO JULYIN LAHAUT.


Po Julyin Lahaut.


On djoû,
ene sawouce,
on vistréve ene corone sol cabu d' on rwè


Un jour, quelque part, on vissait une couronne sur la tête d' un roi


(a on momint
gn a ene sakî k' s' astampe
et criyî ene sacwè
insi : Vive li republike

Soudain, quelqu' un se lève et crie quelque chose comme: Vive la République

on pô pus tård
gn a deus djins k' mousnut amon l' cia
ki n' aveut seu braire avou les bedots
ki n' s' aveut seu taire avou les moyas


Un peu plus tard, deux personnes pénètrent chez celui qui n' avait pas pu suivre les convenances, qui n' avait pas su se taire avec les muets.

gn a deus djins k' mousnut e s' måjhon
- deus djins k' on n' conoxhrè måy leus vizadjes -
et distcherdjî leus
fiziks
et mascårder
l' lomé Julyin Lahaut
ki
tot
d' on
côp
hagne
li solea.


Deux personnes pénètrent chez lui - deux personnes dont n ne connaîtra jamais l' identité - et déchargent leur fusil et abattent le nommé Julien Lahaut qui soudain, mord le soleil

dispoy adon
on-z a rmetou do djaene
sol corone sitritcheye
di rodje då rwè


Depuis lors, on a remis du jaune sur la couronne éclaboussée de rouge du roi

on-z a rtapé
do mwartî
so les crouwåds
et del tchåss
dins les lives)


On a remis du mortier sur les herbes folles et de la chaux vive dans les livres

les bedots braiynut
les moyas s' taijhnut
blankès blankès pådjes
di cwè cåzoz


Les moutons bêlent, les muets se taisent. Pages tellement blanches, de quoi parlez-vous ?


Lorint Hendschel, divins : Cénk pititès ôdes, Les Cahiers Wallons, avril 1992.

LA PANDEMIE DE GRIPPE PORCINE MEDIATIQUE (H1P1M1) SE PRECISE.

« …”une hypernégativité beaucoup plus violente que l’intelligence critique”… (Jean Baudrillard) Accueil La pandémie de grippe porcine médiatique (H1P1M1) se précise - Information à la chaîne. »
27 avril 2009

La pandémie de grippe porcine médiatique (H1P1M1) se précise.
D’un côté, la grippe porcine et son mode de contamination somatique. Elle vient du porc. Sur cette dernière, il sera sensé, pour information, de laisser parler le spécialiste, l’homme compétent. Mais il se trouve qu’une autre grippe, porcine elle aussi, s’ajoute à la première et la recouvre : la grippe porcine dite médiatique à haut degré de contamination mentale. Elle empêchera l’homme compétent d’être entendu. Celle-ci vient de l’homme et y retourne.
C’est en effet, en ce beau lundi de rentrée, que l’on découvrira toutes sortes de titres plus contaminants les uns que les autres : “Mexico ravagée par la grippe porcine”, “alerte mondiale à la grippe porcine”, “mobilisation mondiale contre la grippe porcine”, “la pandémie se précise”, “la grippe porcine frappe encore”, “la grippe porcine contamine la France”, “la grippe porcine est à nos portes et fenêtres”, “l’évolution de la grippe porcine laisse présager le pire”. Encore restons-nous là au vieux style, au gros titre, à l’accroche. Mais la grippe porcine dite médiatique, à haut degré de contamination mentale, est en constante mutation. Ainsi, on découvrira
ici, une carte mondiale, relayée comme il se devait par le “médiatique” qui sait faire les bons choix, pour suivre en temps irréel la progression mondiale de la grippe porcine mondiale. La grippe porcine médiatique transforme, dans les têtes, la grippe porcine somatique (dite aussi “grippe porcine”) en H1N1. La formule impressionnera par son haut niveau de scientificité et ajoutera une couche de lisier dans la confusion mentale : proximité entre le HIV et le H1N1 ?
Imaginons les bénéfices mentaux qui auraient pu être cumulés si nous avions pu suivre sur une carte le niveau de contamination mentale suite aux “arguments” en faveur d’une guerre contre le terrorisme, de l’importance d’une croissance économique ou encore de la vitalité des démocraties occidentales. Autrement dit, si nous avions pu suivre, et cela depuis des décennies, la progression de la grippe porcine médiatique sur toute la planète. Le drame, puisque l’heure est grave, c’est que la grippe porcine médiatique, étalon de toutes les grippes, y compris en cas de progression de grippe porcine somatique, ne se mesure pas. Elle est hors des cartes pour les avoir toutes contaminées. Impossible dès lors de distinguer la progression de la grippe porcine somatique de la progression de la grippe porcine médiatique ce qui constitue une des dernières mutations de la grippe porcine somatique au contact de l’agent mutagène médiatique. Cette mutation est pour l’heure sans remède, incurable, fatale. Elle contaminera des milliards d’esprits, fera sentir ses conséquences dans les moindres interstices de la non vie urbaine. Pour l’heure, à l’échelle collective, elle est sans vaccin.
Pour lui résister, un temps encore, il est nécessaire de connaître ses stratégies offensives dont la tautologie (c’est une alerte mondiale à la pandémie parce que c’est une alerte mondiale à la pandémie) et l’écrasement par redondance de “l’information” : non pas une fois, deux fois, mais dix fois, cent fois et plus encore. Ajoutons à cela l’usage martelé de notions discutables telle “pandémie”, à savoir ce qui s’étend à la totalité (to pan) du peuple (demos). A moins de réserver la notion, pour plus de vigilance encore, à la grippe porcine médiatique dont la puissance de diffusion est sans commune mesure avec celle de la grippe porcine ou H1N1 (afin d’entretenir, toujours volontairement, la confusion mentale avec le HIV).
Questions : sur un demi siècle de contamination, combien de morts peuvent être directement imputés à la grippe porcine médiatique ? Combien de dégénérescences mentales ? Combien d’affaiblissements du système immunitaire intellectuel ? Combien d’atrophies du bon sens et de la jugeote ? Puisqu’il n’est pas forcément condamnable d’affoler le demos dans son to pan, je propose de nommer ce mal incurable le H1P1M1 (porcin et médiatique pour le P et le M). Le H de “humain” ? Simplement pour l’angoisse.

http://bernat.blog.lemonde.fr/2009/04/27/la-pandemie-de-grippe-porcine-mediatique-h1p1m1-se-precise/

LAVILLIERS : UN SPECTACLE QUI DEGAGE DU PLAISIR, DE LA FORCE, DE LA POESIE.



LIBERATION. Culture. 28/04/2009 à 14h49
Lavilliers: «Un spectacle qui dégage du plaisir, de la force et de la poésie»

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«Si je chante, c'est en partie grâce à Léo Ferré», assure le Stéphanois. C'est «l'un de mes "modèles en qualité", pour son sens de l'invective, sa marginalité». A l'occasion de la sortie d'un DVD live, Bernard Lavilliers a répondu à vos questions.
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Michel. Parmi les qualités attribuées à Léo Ferré par Bernard Lavilliers, il en manque une: le courage, vertu qui se fait rare de nos jours. D'autres chanteurs se vantent de l'amitié que leur portait Léo, je pense à Barbelivien proche de qui vous savez, à Lalanne et quelques autres. Comment Ferré manifestait-il son amitié ? Est-ce que c'était des rencontres épisodiques ou des relations plus régulières, des discussions, des échanges de points de vue?
Bernard Lavilliers.
Au courage, qui est de toute évidence la valeur d'un artiste, Léo Ferré ajoutait l'audace. Il manifestait son amitié à travers des répliques ou des lettres pleines d'humour et de soutien. Je n'ai jamais eu l'impression qu'il y avait un cercle autour de Léo.
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Pascal. Je me souviens de ce film vidéo passé à la télé en 1992, où Léo est venu chanter La mémoire et la mer dans une émission qui vous était consacrée. Quels souvenirs gardez-vous de ce moment?
C'était très émouvant, très drôle. J'insiste sur l'humour puisque ce n'est pas l'image médiatique que dégageait Léo. En dehors de ça, il a changé un peu la mélodie de sa chanson, et nous avons eu l'occasion d'en chanter d'autres qui ne sont pas dans l'émission. A l'époque, nous étions moins surveillés.
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Cambien : La mémoire et la mer semble vous tenir particulièrement à coeur. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette chanson en particulier ?
Cette chanson est complètement mystérieuse. Elle a la grande qualité d'emmener dans un voyage cérébral et poétique. On ne sait jamais vraiment ce que signifient les métaphores, il a beaucoup de musique dans les mots. Par exemple, «Au ras des rocs qui se consument...» D'autre part, cette double interprétation de la mémoire, puisque la mer est toujours renouvelée, c'est une chanson du futur, voilà ce que je ressens quand je la chante. C'est vrai qu'elle me tient à coeur.
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Elsaragon. J'attendais ce DVD avec impatience. Merci! Ferré avait repris des textes d'Aragon dont vous appréciez la poésie. Pensez-vous un jour faire un CD mettant en musique les poèmes de Louis Aragon ?
C'est possible, puisque mes amis de l'Humanité m'ont fait cadeau des éditions originales Messidor en neuf volumes, qui comprennent à la fois les articles politiques, la poésie, et les critiques littéraires que faisait Louis Aragon dans les Lettres françaises. J'ai mis en musique La Rose et le réséda pour madame Juliette Gréco, ça c'est fort bien passé, et j'ai bien l'intention de continuer.
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Fabndjema. Je ne viens pas te faire un procès d'intention, je suis fan de ton travail depuis longtemps déjà. Je t'entendais juste dimanche sur France Inter dans Eclektik, tu louais la mémoire de Léo... Penses-tu que Léo aurait signé l'appel en faveur de la loi Hadopi, comme tu viens de le faire?
Je pense qu'il n'aurait pas apporté les mêmes nuances que moi. Nous imaginions tous les deux que les majors étaient payées pour nous défendre, et non pas le contraire. Comme il n'était pas confronté aux nouvelles technologies, je ne peux pas imaginer quelle aurait été sa colère, à la fois contre les multi et contre le détournement. Je citerai Léo: «Je t'ai rencontré par hasard, ici, ailleurs, ou autre part, il se peut que tu t'en souviennes» (...) «et nos soirées sans cinéma, et mon succès qui ne vient pas, et notre pitance incertaine».
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Cambien. En tant qu'admirateur de Léo Ferré, avez-vous écouté les enregistrements inédits qui sortent régulièrement depuis sa mort? Si oui, qu'en pensez-vous?
J'en ai écouté quelques-uns, en particulier le Baudelaire. Pour ma part, j'ai apprécié Noir Désir et le travail de Jean-Louis Murat.
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Hervé. Votre musique, vos textes, voire peut-être votre vie se sont structurés principalement autour du voyage. Cette volonté d’aller chercher «sa vérité» ailleurs vous a toujours permis de jouer des styles de musique bien avant leur émergence en France (je pense à la salsa, au reggae notamment). Est-ce que cette envie de tendre l’oreille vers d’autres sonorités demeure toujours intacte chez vous?
Oui, d'ailleurs je suis sur une oeuvre de Blaise Cendrars la Prose du Transibérien, pas commercial, mais très intéressant de faire découvrir la poésie du début du XXe siècle, avec des arrangements orientaux-libanais.
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Bob laburne. Est-ce que tu reprends les Anarchistes»? Si oui, n'as-tu pas peur que MAM t'emprisonne pour ultragauchisme?
Non, dans ce DVD, je n'ai pas repris les Anarchistes, j'avais d'autres choix. Par exemple, Merde à Vauban, de Pierre Seghers, ou l'Affiche rouge, de Louis Aragon. Dans un autre, je rendrai un hommage particulier à cette phrase: «Le désespoir étant la forme supérieure de la critique, pour l'instant, nous l'appellerons bonheur.»
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Renépichon. Depuis quand la poésie de Ferré vous accompagne-t-elle? Dès le Stéphanois? Avant? Après?
Depuis toujours. Dans mes souvenirs, ma mère écoutait «Ce sont de drôles de types...» sur un vieux poste de radio qui ressemblait à une usine à gaz. Et depuis, je continue.
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Cambien. Le choix des chansons de Ferré a-t-il été difficile ou bien c'était un choix évident?
C'est un choix instinctif. Je connais la plupart des chansons de Ferré, même les souterraines. Pour rappeler à la mémoire du public de Léo, et pour faire découvrir aux miens des perles, il fallait que le spectacle ne soit ni religieux, ni didactique, qu'il s'y dégade du plaisir, de la force et de la poésie, évidemment. J'ai fait ainsi le choix des tonalités, des sujets, des tempos, du début au piano solo, du passage rock psychédélique: «Amour anarchie», et le final symphonique en citant Caussimon, Rimbaud, Verlaine, Aragon.
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Jolie-môme. Pensez-vous comme Léo que la solitude est la pire chose qui existe sur cette terre?
Léo pensait que la solitude, c'est le prix à payer des artistes, de leur création. Et même le prix à payer des anarchistes, puisqu'il n'appréciait pas leur fédération. Pour un solitaire, il était très bavard, ouvert et chaleureux. Il donnait l'impression d'être cinglant, because timidité, parce qu'il était timide, sous ses airs fanfarons.
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Lagrippe. Vous avez chanté en soutien à la Fédération anarchiste. Vous le referez?
Oui, j'ai même fait plusieurs concerts pour la création de Radio libertaire, dans les années 80.Chrisven. D'après toi, quel groupe ou chanteur de la «nouvelle scène française» semble être le digne successeur de la lignée Aragon-Ferré-Lavilliers ?
C'est pas mince comme responsabilité. Je pense que la nouvelle génération est moins lyrique que nous. Je vous citerai un artiste pas très connu qui est capable d'avoir des oreilles et un cerveau: Balbino Medellin. Il a quelque chose de tragique, tout en étant extrêmement drôle.
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Jenlucroy. Salut d'un vieux pote de la Manu! La dernière fois que je t'ai vu, c'était à la Fête de l'Huma, avec la surprise Léo. Je n'ai pas de question, juste: continue, en souvenir de nos parents (...) et bonne santé et encore plus de Ferré...
Je te salue, on se reverra à la prochaine Fête de l'Huma...
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Siouf. Léo Ferré jouait arrière-gauche, mais il était également capable de monter sur l'aile-droite. Que pensez-vous de cette polyvalence étonnante ?
On peut imaginer Léo Ferré légèrement réactionnaire aux nouvelles technologies et à l'électricité. La preuve, il avait une île au large de Cancale, où il n'y avait ni chauffage, ni électricité. D'ici à dire que Léo puisse être de droite et souverainiste, il y a une marge.
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Mecanophilo : A quand un album entièrement tourné vers l'Afrique? Comme vous vouliez le faire déjà auparavant?
L'Afrique va être présente dans mon prochain album, même très présente. Un album mélangé, avec la latinité dont nous faisons partie et qui fait de beaux métis.Travail. Votre chanson Travailler encore revient à l'actualité avec toutes ces suppressions d'emploi. Pouvez-vous vous engager de nouveau en faveur de tous ces travailleurs qui perdent leur travail, même si ce ne sera plus dans la sidérurgie et dans votre région de naissance? Si oui, sous forme de chansons? Une nouvelle critique du capitalisme?
Je ne lâcherai pas mes racines, j'en ai écrit d'autres, moins sidérurgiques. Effectivement, les Mains d'or parlent de ce que je connais: les laminoirs, le travail de nuit, la pluie et la neige. Je me déplace pour l'instant dans les usines occupées pour leur redonner le moral. De cette expérience je tirerai sûrement un texte fédérateur.
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Marie-Claire. Bernard, ton texte Utopia date de 1977. Le réécrirais-tu en 2009? Et si oui, comment?
On ne peut pas affirmer réécrire un texte de cette sorte, avec des mots d'aujourd'hui. Je pourrai réécrire un passage: «La petite gauche vivotait, frileuse comme une alouette», mais la situation est multinationale, et plus prêt de Big Brother que les Anarchistes. Donc, moins lyrique.
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Croixdusud. Vous avez écrit, dans Saint Etienne, «On n'est pas d'un pays, mais on est d'une ville...». Après cent voyages, avez-vous vérifié cette assertion?
Absolument. Le problème, c'est qu'en voyageant, elles changent. On finit par se fabriquer une ville idéale, faite de tous les êtres humains rencontrés. On ne fuit pas, on se déplace.
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Fabndjema. Tu écrivais sur l'album Pouvoirs que «l'avenir est un chien crevé sous un meuble»... Es-tu toujours aussi catégorique?
Pouvoir était un album très provocateur, dans une époque un peu sûre d'elle, avec une belle croissance. Donc l'affirmation ressemble à l'époque.Le Baron. Pensez-vous que les paroles du Troisième couteau sont toujours d'actualité ?
Oui, plus que jamais. Quand les politiques mettront les mains dans le cambouis des paradis fiscaux, j'écrirai la suite.

dimanche 3 mai 2009

PANDEMIE : UN NOUVEL OPIUM DU PEUPLE ?


Tapage nocturne à l'hôpital. Carnet d'une infirmière de nuit. Anne Peraut Soliveres prend la parole pour indigner ou apaiser.
03/05/2009

Pandémie : un nouvel opium pour le peuple ?
Pourquoi suis-je tellement exaspérée par le battage médiatique autour du virus d’origine porcine dit H1N1? Est-ce parce que le même battage, il y a peu, autour de celui du poulet, m’avait déjà violemment interpellée? Quitte à passer pour une dangereuse irresponsable, ou une douce dingue, je refuse de faire semblant de jouer à ce jeu pervers qui consiste à se faire peur et à faire peur aux autres en abusant de certains termes, voire en les dévoyant.
Si mon dictionnaire a toujours son bon sens, une pandémie est une contamination à grande échelle. Or, si le principe de précaution doit être de mise chaque fois qu’un virus se développe quelque part, l’entreprise qui consiste à entretenir la panique en étalant la débauche des milliards de boîtes de Tamiflu, enfermées à grand frais dans des sous-sols bien gardés au moment de la précédente supposée épidémie de H5N1, devrait davantage intriguer les médias si prompts à se jeter sur le premier os un peu juteux. Oserais-je demander quelles sont les dates de péremption de ces boîtes enfermées (depuis combien de temps déjà?) et combien de masques sont périmés (ceux que le ministère de la Santé m’avait personnellement envoyés le sont depuis déjà deux ans…)?

La population sait-elle que le budget de la sécu qui ne peut plus la couvrir selon ses besoins est illimité lorsqu’il s’agit de financer les fantasmes de grippes ou autres catastrophes planétaires virtuelles? Sans compter le coût des formations obligatoires de tous les soignants et autres acteurs du social, plans blancs, et autres facéties dispendieuses? Les citoyens savent-ils combien ils paient pour entretenir ces caves de Tamiflu périssables (car contrairement au pinard, le temps gâte ce précieux médicament dont rien ne garantit qu’il soit opérant contre un virus encore inconnu?) Enfin, quelqu’un peut-il nous dire combien cela a rapporté au laboratoire fabriquant le précieux antivirus?
De plus comment peut-on qualifier de pandémie (et même d’épidémie!) une pathologie qui touche moins de mille personnes sur toute la surface du globe quand nous sommes près de 7 milliards? A moins que nos dirigeants aient besoin de détourner un peu nos esprits de la crise qu’ils ont amenée et dont nous sommes tous les victimes, à l’échelon mondial cette fois et sans Tamiflu pour nous la faire avaler…
• Anne Perraut Soliveres •
Infirmières, le savoir de la nuit
Un article de Puf.

Caractéristiques
304 pages
19.50 €
ISBN : 978-2-13-052252-2
Collection "Partage du savoir"
N° d'édition : 5
Date de parution : 01/11/2001
Discipline : Socio/Ethno/Démo/Education/Comm.
Sous-discipline : Sociologie appliquée Questions sociales

L'ouvrage
Ce livre est le fruit d'une expérience et d'un engagement personnels, mais aussi d'une réflexion et d'une enquête. L'auteur se propose, à travers une démarche théorique et éthique aux accents souvent militants, de rendre la parole à celles que notre société, et pas seulement le système médical, laisse dans le silence et dans l'ombre : les infirmières de nuit. Le métier et le travail des infirmières change, en particulier celui des infirmières de nuit. Leur savoir et leur expérience s'efface derrière une technologie réductrice, parfois défaillante et incapable d'apporter un soulagement et un soutien moral auprès des malades.
Quel savoir ces infirmières, confrontées quotidiennement à la souffrance, à la faiblesse et à la mort, développent-elles ? Quelle est la particularité du " monde de la nuit ", qui constitue la face cachée, impensée de la médecine ? Quelles valeurs produit-il ?

Table des matières
Préface d'Isabelle Stengers -- Introduction
Chapitre 1 -- La nuit du savoir : les lueurs de la nuit - soigner la nuit - la nuit du chercheur
Chapitre 2 -- Infirmières, le savoir de la nuit : les valeurs de l'ombre - des soins du sexe au sexe du soin - répulsion et violence - victimes, coupables et/ou responsables
Chapitre 3 -- Praticien -chercheur, un nouvel espace de connaissance : d'une antinomie à un trait d'union, une posture de recherche - dire "je" dans la recherche - l'implication comme préalable - une démarche de recherche transductive - d'un métier clinique à une clinique de la recherche - la révolution par la recherche

L'ANTENNE DE POLICE.

L'antenne de Police par JACQUES M., CARDIOLOGUE.
27.04.09

Mercredi vers 17 heures dans une allée ensoleillée et calme du Parc de Monceau j'attends assis sur un banc, en charge de ma petite fille âgée de 8 mois qui dort dans sa poussette. J'attends le retour de ma fille de son travail.
Un peu plus loin, sur un banc, deux jeunes gens, garçon et fille, d'allure non conventionnelle, sans plus, bavardent tranquillement.
Surviennent deux agents de police à bicyclette, roulant lentement, et qui, voyant un des jeunes rouler une cigarette, fondent sur eux, hument la cigarette.
Hachich ? l'expertise sur le pouce ne parait pas concluante car abandonnant cette analyse ils entreprennent de fouiller avec autorité les affaires des deux jeunes : sacs, porte-documents, ouverture des paquets de cigarette, poches vidées. Pas de violence physique mais une exigence impérieuse qui ne permet pas le refus. Et pour terminer les emmènent au poste. Presque en souriant !
Les agents semblaient déçus de n'avoir peut être rien trouvé de "suspect".
Juste deux jeunes au soleil sur un banc public qui ne se bécôtent pas encore.
J'ai hésité à intervenir parce que cela signifie aujourd'hui risque d'être embarqué et garde à vue ; et je ne peux prendre ce risque avec ma petite fille.
Excuse à une petite lâcheté ? Ou retenue devant la Police par réflexe ?
Car que je rumine mon humiliation des jours précédents au moment de renouveler ma carte d'identité (déjà sécurisée) : né à Paris en 1941 de parents polonais, je suis déclaré Français dès ma naissance selon le droit du sol, non abrogé par Pétain, en attente du nouveau code de la nationalité, alors que mes parents sont déjà pourchassés comme juifs et que nous échapperons à la rafle du Vel d'Hiv.
"Il faut prouver que vous êtes Français" m'a-t-on dit à l'antenne de police puisque l'extrait d'acte de naissance indiquant la Pologne comme lieu de naissance pour mes parents (naturalisés en 1947), ne permet pas "d'établir mon appartenance à la nationalité française" et qu'importe si la République laïque m'a permis de devenir médecin français, si j'étais assez français pour mon service militaire et visiter l'Algérie, il m'a fallu exhumer ce papier jauni et fatigué de 1941 jamais ressorti pour que j'existe à 68 ans comme Français.
Ce mercredi je n'ai pas été contrôlé par la Police au Parc Monceau : je présentais bien et qu'importe, j'avais dans ma poche ma nouvelle carte d'identité de Français .
http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/04/27/l-antenne-de-police_1185730_3232.html

CE QUI M'INQUIETE C'EST CERTAINES REACTIONS (lesquelles à votre avis ?) :
stéphane m.
02.05.09 07h47
Concernant votre non intervention, vous avez bien fait, car il est interdit d'entraver un contrôle de Police... Pour le mélange dans votre texte de Pétain, de rafle du Vel d'Hiv, et sur le fait que l'on doit prouver que l'on doit être français... C'est ffectivement un minimum, car dans le passé, il y a eu des abus. Le ou les policiers qui vous ont dit cela n'ont fait que répondre à votre question. On voit à peine que vous êtes orienté dans vos propos... Sur ce bonne journée monsieur.
stéphane m.
02.05.09 07h43
Un mélange des genres nauséabond de l'auteur de cette article. Les fonctionnaires voient un ou deux jeunes rouler une cigarette. Ils décident selon vous ou du moins sous entendu que leurs tenues poussent aussi à faire un contrôle. Où est le problème ? A partir du moment où l'agent de Police pense qu'il existe une possibilité d'effectuer un contrôle, ils le font. Vous feriez quoi à leurs places ? Passer devant ? Soyons sérieux...
Jean-Marc D.
01.05.09 20h30
C'est de plus en plus effrayant de se demander si il faut plus se plaindre de la mise en place d'un régime autoritaire ou de la passive complicité de beaucoup de "bons Français"
Julien B.
01.05.09 15h52
Nous sommes prêts pour un régime autoritaire, ça ne fait pas un pli, et on peut même lire ici les réactions de certains qui sont prêts à y collaborer activement.
Le Mosellan
01.05.09 12h47
On peut toujours intervenir sur une action de police.C'est ainsi que ma femme a défendu,rue Serpenoise à Metz,une mendiante quelque peu bousculée par des agents.Ca s'est terminé par des "ça va!" de part et d'autre.Et c'est tout!..Ils ont bien vu qu'ils s'y sont pris maladroitement.De là à conclure qu'on est en régime policier,il n'y a que des cardiologues pour le faire.Et à trouver abondamment des échos.
Philippe B.
01.05.09 10h08
Peut-on signaler à ce correspondant que la carte nationale d'identité n'a été obligatoire que sous Vichy, pour repérer les juifs, précisément. Cette obligation (n')a été abrogée (que) en 1955. La seule obligation est de pouvoir justifier de son identité, ce par tous moyens.
Phil67
01.05.09 09h42
Le style de réponse du "Mosellan" interroge, car c'est ce style teinté de morale et de mise en doute face aux dires des autres qui permet n'importe quelle dérive, qui permet d'excuser n'importe quelle fouille et humiliation des autres, sauf quand cela arrive pour la personne elle-même qui alors explose et exige des excuses. Le style de personne fière qui ne vit que pour elle, hors de la collectivité et qui, en cas de problème, voudra bénéficier de la protection de cette collectivité.
Claire
30.04.09 19h18
En vérité, je peux "comprendre"; mon nom est étranger, et je sais que ma nièce a eu du mal avec ses papiers : elle est née en Iran d'un père français, lui-même né en Algérie d'un père français par le droit du sol. Ce qui m'étonne, c'est qu'on fasse tout un plat de la nécessité de justifier de sa nationalité. Je n'y vois ni "humiliation", ni "discrimination" (etc.) : seulement un corollaire de la chance que j'ai d'être française, et d'un pays où l'on n'entre pas comme dans un moulin.