vendredi 17 juillet 2009

AU TEMPS DE L'INTERNET C'EST LA VITESSE ET LA CAPACITE A CHANGER QUI SAUVERONT LES INDIVIDUS ET LES ORGANISATIONS.

Le Monde. Opinions.
Au temps de l'Internet c'est la vitesse et la capacité à changer qui sauveront les individus comme les organisations
par Didier Cozin, ingénieur de formation professionnelle.
08.07.09.
Au XIX et XXème siècle nos compatriotes ont massivement quitté les campagnes pour aller s'embaucher en ville dans les entreprises industrielles puis tertiaires. Ce mouvement, à la vitesse de la vapeur, a permis à notre pays de jouer un rôle économique et social important durant deux siècles. Les Rastignac arrivaient par le train depuis leurs campagnes ou de lointaines contrées d'europe de l'Est pour prendre possession de la ville grâce à leur capactité d'adaptation et leur intelligence. Tout cela fut fort bien décrit par nos romanciers et cette société balzacienne a en grande parti façonnée nos mentalités, nos idées politiques, notre développement économique et social (toutes nos institutions sont issues de la IIIème république, du combat pour la laïcité et la neutralité de l'Etat...)
A cette époque là, celle de la vapeur, le rythme du changement (car la vie est changement) épousait celui du train. Un pays changeait au fur et à mesure de l'ouverture des grandes (ou petites) lignes de train et le pays légal avançait lui aussi à la vitesse du train (le fameux train de sénateurs).
Mais notre pays n'a pas fondamentalement changé depuis le XIXème siècle, notre univers politique, économique et social et largement inspiré de cette époque (sans doute bénie) où la France était une des 3 ou 4 grandes nations industrielles de la planète.
Las, rien n'est éternel et désormais nous changeons de braquet, de rythme et d'échelle, ce n'est plus le transport physique des hommes ou des marchandises, qui assure la suprématie d'un pays mais le transport intellectuel des idées, des concepts, des services et des innovations. Internet recompose toutes les hiérarchies (il les casse aussi par ailleurs), les individus, les institutions, les entreprises, les États sont remis en question par Internet et les télécom avec leurs fulgurantes réussites (mais aussi chutes, voir GM aux USA).
A ce nouveau jeu nous avons le plus grand mal à nous adapter. Dans quelques jours le parlement discutera de la réforme de la formation professionnelle. Ce texte a été en grande partie élaboré par des partenaires sociaux nés au XIXème siècle et incapables d'appréhender la vitesse des temps que nous vivons. La réforme de la formation est déjà donc plombée car elle ne prend pas en compte les nouvelles données économiques et sociales induites par la crise.
Si notre pays en a encore les moyens on imagine déjà les rapports et livres blancs qui décriront le chaos et la désespérance sociale qu'aura provoquée cette nouvelle réforme ratée.
Il ne s'agit pourtant pas de mauvaise volonté mais d'une inadaptation profonde d'un modèle économique et social figé et conformiste. Nos compatriotes luttent pour leurs droits acquis. Quand l'humanité comptera bientôt 7 milliards d'individus, quand plus de 1 milliard de travailleurs sont pauvres (moins de 2 $ de revenus par jour) nos petites luttes syndicales ou politiques sont dérisoires. Nous sommes des adeptes du coup de barbouille alors que notre pays doit entrer dans un perpétuel et total mouvement de changement social et intellectuel. Il en semble incapable, tout juste bon à jouer l'autruche avec ses 1/2 mesures et ses palliatifs qui n'en finissent pas d'être insuffisants. Quand le Titanic coule rien ne sert de ramer ou d'écoper dans les soutes du navire, il faut le mettre en cale séche et tout reconstruire.
Ce sera une évidence dans quelques années mais en aurons nous toujours les moyens ?

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